6-8 oct. 2016 Aix-en-Provence (France)

Thèmes

Thème 1. Les espaces miniers méditerranéens

Nouveaux acquis de la recherche

Cette session se propose d’examiner à la lumière des travaux les plus récents le fonctionnement et l’organisation des exploitations minières. À partir d’études de cas ou de synthèses régionales, elle sera d’une part l’occasion de réfléchir sur l’insertion des exploitations dans les économies, de caractériser ces entreprises situées entre artisanat et industrie. D’autre part, il s’agira de prendre en compte plus largement les environnements humains et naturels des exploitations en considérant les rapports à l’espace, aux contrôles et aux enjeux qu’elles suscitent dans de possibles constructions territoriales.

Thème 2. Circulation des Hommes et des Savoirs

Les vecteurs de l’innovation

Produire et travailler les métaux précieux induit la mobilisation de savoirs et de techniques spécifiques, quels que soient le lieu et le contexte de mise en œuvre. Les exploitations minières sont dans cette optique des « réservoirs perméables de connaissances ». Elles fonctionnent à la fois avec des expériences internes et des apports extérieurs. Y a-t-il des liens entre les procédés utilisés de part et d’autre de la Méditerranée ? Nous savons que des praticiens circulaient au sein des exploitations occidentales, est-ce également le cas sur des distances plus importantes ? Si des intermédiaires interviennent, qui sont-ils et comment adaptent-ils les techniques à un contexte différent ?

Thème 3. Structures des échanges commerciaux

Fonctionnement et organisation

Multiformes, les métaux précieux en circulation peuvent être directement issus de la mine (minerai, plomb d’œuvre, lingots...) comme provenir de réutilisations successives (produits semi-finis, objets divers, monnaies...). Tantôt favorisée, tantôt contrainte, la circulation des métaux précieux fait l’objet de réglementations liées aux grandes tendances économiques et diplomatiques. Se répercutent-elles sur les techniques commerciales ? Plus largement y a-t-il des méthodes spécifiques pour échanger les métaux précieux (clauses particulières dans les commenda, contrats d’assurance, moyens de transport, protection...) ? Enfin, les lieux d’échanges rythment la circulation des produits. Il semble, au contraire des produits manufacturés, que les métaux précieux apparaissent peu sur les marchés et les foires classiques. Dès lors, quelles sont leurs modalités d’échange ? Sont-ils pris en charge par des acteurs spécifiques (changeurs, orfèvres, dinandiers...), existe-t-il des marchés parallèles, qu’en est-il des filières de contrebande ?

 Thème 4. Traçage des métaux

Méthodes et résultats

Le traçage des métaux de la production à l’utilisation est difficile à envisager pour les périodes anciennes. Lacune des sources, complexité des marchés, diffusion sur de grandes distances ; nombreux sont les écueils qui entravent la restitution d’un circuit économique. Elle est pourtant indispensable si l’on veut lier pleinement les espaces productifs aux économies et aux sociétés. Quels sont les caractères et l’évolution du marché des métaux précieux dans le bassin méditerranéen ? Y a-t-il un échange entre l’argent occidental et l’or oriental comme le laissent entendre certaines études ou doit-on revoir ce schéma ? À partir de travaux récents, cette session abordera en premier lieu les principales sources et méthodes complémentaires utilisées pour répondre à cette problématique : dépouillements de textes de la pratique, diplomatiques ou réglementaires ; études typo-chronologiques des objets métalliques ; recours à l’archéométrie (analyses traces), par exemple. En second lieu, elle sera l’occasion de présenter les résultats de ces recherches, à des échelles variées.

5. Table ronde

Bilan et perspectives

Une table ronde finale sera l’occasion pour les participants et le public d’échanger sur des points abordés lors des communications, sur des thématiques transversales, ou encore de soulever des questions nouvelles en lien avec les métaux précieux. Trois problèmes déclinables sur l’ensemble du bassin méditerranéen pourraient former son ossature.

— Primo ; la part du minerai qui alimentait directement le commerce est en question. On évoque le plus souvent un lien direct avec les ateliers monétaires pour l’argent, mais est-il le seul, voire est-il majoritaire ? Les prélèvements et partages successifs qui avaient lieu tout au long de la chaine opératoire suggèrent une diffusion plus complexe. Qu’en est-il des quantités de plomb et de cuivre extraites en même temps que l’argent ?

— Secundo ; il est encore délicat de nommer et de qualifier les exploitations. On utilise de plus en plus le terme d’entreprise, mais quelles en sont les définitions ? Alors que le Moyen Âge reste encore dans bien des travaux la période de l’artisanat, l’on commence à décrire une révolution industrieuse. Peut-on aller jusqu’à voir l’éclosion de « poches d’industrialisation » avec le cas des métaux précieux ?

— Tertio ; les transferts de métaux précieux entre les états méditerranéens semblent se structurer entre un export de métaux polymétalliques (argent, plomb, cuivre) d’Occident en Orient, et d’or d’Orient en Occident. Ce schéma construit par d’éminents médiévistes (M. Bloch, R.-H. Bautier...) n’a pas été retravaillé depuis. Or, nous savons bien que d’importantes mines polymétalliques étaient en exploitation, en particulier dans l’espace maghrébin. Comment expliquer ce paradoxe ? Une réflexion actualisée mériterait d’être ouverte.

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